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Réponse à Antoine Robitaille sur le journalisme citoyen

En septembre 2006, j’écrivais un article sur CentPapiers à propos de soupçons de plagiat envers le ministre Benoît Pelletier. Après quelques jours sans répercussion médiatique, je décidai de contacter Antoine Robitaille du Devoir pour lui refiler le tuyau. Plus d’un an après les faits, M. Robitaille commente un court billet du blogue de Cent Papiers où je rapportais que le Devoir avait repris la nouvelle :

« Nuance : en fait, M. Niquet m’a envoyé un courriel dans lequel il m’indiquait le passage d’un livre qu’il citait dans son blogue. Dire que c’est « une nouvelle de Cent papiers », ce serait un peu excessif, voire trompeur. Et c’est confondre nouvelle et information. Cette information, je ne l’ai pas découverte sur le site, puisque je ne le connaissais pas. Et pour en faire « une nouvelle », j’ai fait mes propres vérifications ; interviewé des auteurs qui accusaient le ministre ; interviewé le ministre. M. Niquet m’a fourni une information, l’a soumise à mon attention via courriel. Autrement dit, la « nouvelle », c’est celle du Devoir, avec les confirmations qu’exigent les règles d’un métier bien défini et qui ne se pratique pas sur un coin de clavier. Si j’ai cité « Cents papiers », c’est que je voulais faire une fleur à M. Niquet qui m’avait donné une information. Mais des informations par courriel, on en reçoit des tonnes. Il n’y a pas ici de complémentarité particulière « entre médias traditionnels et médias citoyens ». Il y a simplement un lecteur qui a envoyé une information à un journaliste. Comme ça se fait depuis des siècles grâce aux pigeons voyageurs, à la poste, au téléphone, au télex, au fax, etc. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, à mon sens… »

J’ai écrit à M. Robitaille pour répondre à son commentaire.

M. Robitaille,

Suite à votre commentaire sur un billet traitant du fait que vous aviez repris une nouvelle publiée sur Cent Papiers, j’aimerais préciser quelques trucs.

D’abord, ledit billet n’annonçait pas une révolution. Nous en sommes bien loin, et l’objectif n’était que d’illustrer que n’importe qui a maintenant le pouvoir de publier, annoter, commenter une information qu’il a trouvé. Si vous avez compris dans ces quelques mots la célébration d’une quelconque victoire du citoyen sur les médias traditionnels, vous vous méprenez.

Il est vrai qu’à l’époque, compte tenu de la faible renommée de CentPapiers, j’ai dû vous contacter pour vous signaler l’information. Ce n’est pas précisé dans le billet, et c’est sans doute un élément que j’aurais dû spécifier. Néanmoins, à toutes les fois que j’ai dû revenir sur le sujet à d’autres endroits, j’ai mentionné la chose. Il reste que si CentPapiers avait la visibilité des sites similaires ailleurs dans le monde, il n’est pas dit qu’un journaliste ait pu tomber sur cette nouvelle.

Pour ce qui est de confondre nouvelle et information, bien que je ne prétende pas égaler le journaliste en ce qui a trait aux « règles du métier », il reste que dans ce cas précis, j’ai bel et bien parlé au directeur de cabinet du ministre à quelques reprises, ait parlé aux auteurs qui accusaient le ministre, et suis allé dans une obscure bibliothèque constater de visu les textes originaux mis en cause. Je crois avoir fait un bon travail « d’enquête »…

Finalement, notez que la seule réflexion que contenait le billet consistait à dire que les journalistes ne peuvent pas tout voir, mais qu’ils ont de bien meilleurs moyens pour enquêter. C’est exactement ce que vous expliquez dans votre commentaire. Il n’y a donc là pas matière à s’indigner, il me semble.

Continuez votre bon travail.

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