Le wokisme comme une amulette

Une analyse de la situation française du « wokisme ».

Le « wokisme » n’est au fond qu’un énième avatar de ce que la droite appelle depuis la fin du XXe siècle la « bien-pensance ». Comme ce dernier terme, il a subi une étonnante inversion puisque les « bien-pensants » étaient encore, dans les années 1970 ou 1980, les milieux chrétiens conservateurs. Ces phénomènes de distorsion semblent devenir la règle, puisque l’expression politically correct, elle aussi, fut d’abord utilisée positivement aux États-Unis par des militants de gauche avant d’être réinvestie péjorativement à droite. En France, c’est quand ces termes avaient déjà perdu leur sens d’origine qu’ils ont été injectés dans le débat public pour caractériser une réalité souvent bien différente. Mais quoi que l’on pense de sa pertinence, la « bien-pensance » – au sens où l’entendent les conservateurs – ou le « politiquement correct » avaient au moins pour mérite d’assumer leur caractère purement polémique et de ne pas se faire passer pour de véritables notions, ou pour un courant à la fois incarné et si dangereux qu’il nécessiterait la création d’un pompeux « Laboratoire de la République ».

En dissimulant, et en oubliant même son origine rhétorique, les personnalités politiques qui laissent s’infuser toujours plus cette pseudo-idée dans le débat public continuent d’enterrer ce dernier sous un monceau de controverses sans objet, alors qu’il est toujours plus urgent d’en faire à nouveau l’espace digne d’un échange d’arguments entre personnes éclairées. Or s’il est vrai qu’en démocratie plus que partout ailleurs, nos ennemis idéologiques nous font grandir, alors même les pourfendeurs du « wokisme », à droite comme parfois à gauche, auront tout à gagner d’apprendre enfin à considérer leurs opposants pour ce qu’ils sont vraiment. Ils ne pourront le faire qu’à condition d’abandonner ce terme auxquels ils se raccrochent bien souvent comme à une amulette.

Il y a une vraie dérive dans la culture de l’annulation. Mais il ne faut pas la laisser décrire par les idéologues qui ne cherchent qu’à polariser pour régner.

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